Comment motiver vos élèves de 6ème à bien démarrer en français lors de votre première rencontre

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Ricomincia la scuola!

L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS

Come motivare gli studenti che intraprendono per la prima volta lo studio del francese? Ecco alcuni suggerimenti e curiosità.

de Quaglia Marie-José et Zarka Nathalie

Mois de septembre. C’est la rentrée.
Quelle émotion ! Cette année on commence le collège, on entre en 6ème, c’est un grand moment de la vie scolaire et une étape assez redoutée. Les profs changent, on va affronter de nouvelles matières et puis… il y a français !

« Mamma mi ha detto di studiare bene il francese perché a lei piace molto! » Fabrizio, 1B; «…il francese è pieno di accenti… ma lei ce li conterà come errore? » Elena, 1C; « Sono curioso di studiare questa lingua perché amo i viaggi… però non so se mi piace… è difficile... » Paolo, 1D.

Voilà ce que nos élèves nous avouent chaque année. Enthousiasme, peur, curiosité, doute… Eh bien, c’est à nous de les tranquilliser, de les encourager, de les fasciner, pour leur permettre de débuter ce parcours sereinement, pour leur donner l’envie de découvrir la langue française, pour les motiver.

Premier jour, nous les profs, on entre en classe, on se présente en français. On a l’impression d’être au théâtre, les yeux de nos élèves sont braqués sur nous, rien ne bouge, le silence règne... On continue à jouer notre rôle, comme un acteur sur scène, on parle en français, on accélère même un tout petit peu et la préoccupation de la classe augmente, le regard de nos élèves semble perdu... et puis, coup de théâtre ! On reprend lentement le discours initial en les invitant à révéler ce qu’ils ont compris et voilà… ils interviennent… on ajoute alors avec entrain… « Mais vous comprenez ! C’est merveilleux, vous ne trouvez pas ? ». Ils soupirent, leurs yeux s’illuminent, ils sourient, ils se sentent plus décontractés.

On continue en faisant une petite enquête sur leurs connaissances de la langue française et il s’ensuit qu’ils comprennent quelques salutations telles que « bongiur » « aurevua », quelques formules de politesse « merci » « sivuplé », quelques noms communs comme « baguette », « crêpe » et qu’ils savent compter jusqu’à 5, 7, ou 8. C’est à ce moment qu’on entre en jeu ! On leur pose la question suivante : « C’est tout ce que vous savez ? En êtes-vous sûrs ? » (en italien) et on va susciter en eux une certaine curiosité. On est là pour leur démontrer que c’est bien le contraire ! Le moment est venu de leur proposer une petite activité ludique centrée sur la langue qui va confirmer qu’ils en savent beaucoup plus. Vous allez leur présenter cette tâche comme un défi et ceci va la rendre encore plus attrayante.

Vous préparez à l’avance des petits billets dans lesquels vous écrivez des mots que la langue italienne a empruntés au français. Vous devez adapter la difficulté de la tâche en utilisant des mots à leur portée, comme : collant, papillon, gilet, champignon, foulard, paillette, chef, peluche, bouquet, brioche, crêpe, mousse, omelette, dessert, frappé, profiteroles, croissant, menu, pâté, moquette, parquet, coupé, biberon, boutique, carillon, etc. Faites attention à ne pas proposer de faux amis pour ne pas les confondre. Par la suite, ils vont piocher un petit billet et vont écrire une phrase en italien qui contienne le mot mystérieux.

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Ils croiront cela impossible mais, au moment de la découverte du mot inscrit dans le petit papier, vous allez entendre des exclamations de joie et de surprise, mais bien sûr… ils se rendent compte qu’ils saisissent ! Et c’est parti ! Après quoi, chaque élève lit à voix haute sa phrase et tous les camarades qui sont à l’écoute vont reconnaître facilement le mot emprunté. Vous allez les inviter à créer une liste contenant ces mots et à en fournir d’autres s’ils en connaissent. Utilisez des feedbacks positifs régulièrement.

Grâce à cette activité, vous leur avez prouvé que le français est accessible, que ce n’est pas une langue inconnue et étrange et que la réalité française nous entoure. À vous de choisir, si vous avez le temps, de parler du rôle du français dans le monde, de sa diffusion et des opportunités d’étude, de travail et de voyage à l’étranger qu’il donne.

Pour achever l’heure de cours, nous vous conseillons par contre de reprendre et de poursuivre l’enquête initiale en parlant en italien : « Êtes-vous déjà allés en France ? Où ? Quand ? Avez-vous des amis ou de la famille en France ? Connaissez-vous quelques monuments, villes, personnages, chansons, parcs d’attractions, griffes, etc. ? Ils participent tous activement, avec enthousiasme. Il y a une bonne ambiance.

La cloche sonne… l’heure de français est terminée. Ils ont hâte de vous revoir !

Grâce à nous, les élèves ont surmonté leur peur initiale, ils se sont sentis capables de démarrer sans angoisse. Nous avons favorisé un état émotionnel positif qu’ils vont transposer sur nous, sur notre matière. Nous avons éveillé leur curiosité, nous les avons exhortés à continuer à bien faire : il y a beaucoup de travail à effectuer ensemble pour pouvoir entreprendre ce long et magnifique voyage… en français !

 

Marie-José Quaglia est professeur de français au collège depuis 2010. De 1991 à 1997, elle a collaboré avec le Centre culturel français de Turin et l'ACAT School de Moncalieri comme professeur de français. De 1990 à 2010, elle a été conversatrice de français dans les principaux lycées linguistiques de Turin. Elle est co-auteur de deux livres : Le DELF scolaire A1 à coup sûr et Le DELF scolaire A2 à coup sûr et auteur d'une civilisation Café monde - Culture de A a Z pour Pearson.

Nathalie Zarka est professeur enthousiaste de français au collège en Italie. Elle est très encline à la création d’un environnement positif et encourageant en classe. Elle collabore avec la maison d’édition Pearson et est co-auteur de deux livres : Le DELF scolaire A1 à coup sûr et Le DELF scolaire A2 à coup sûr.

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